Depuis cinq ans, le Festival Bruxellons! a pris l’option de présenter des spectacles de magie: To dream or not to dream (2004), Mystères (2005) et Artifices (2005, 2006, 2007) de Jack Cooper et L’Ombre Orchestre (2007, 2008) de Xavier Mortimer.
Ces spectacles ont recueilli un succès que nous n’avions pas imaginé au début de l’initiative : ils ont tous dû être prolongés et/ou repris. Les spectacles de Jack Cooper, (qui co-dirige le festival), avaient la forme classique du cabaret, à savoir une série de numéros. Alors que la plupart des magiciens sont capables dans des formules de gala de présenter un ou deux numéros, Jack Cooper est l’un des rares magiciens en Europe à pouvoir présenter un spectacle de deux heures en abordant des domaines très différentiés de l’art magique : grandes illusions, télépathie, transformisme, numéros interactifs, close-up, …
Dans Artifices, Jack Cooper avait introduit deux séquences scénarisées durant chacune plus d’une dizaine de minutes. Une fois de plus le public avait suivi et accueilli cette nouvelle forme avec enthousiasme.
Once upon a dream est une manière de passer à l’étape suivante : un spectacle de magie qui ne serait pas un spectacle de magie! Expliquons nous. L’enjeu de Once upon a dream est de créer un spectacle qui raconte une vraie histoire au sens théâtral du terme, en deux actes, découpés en scènes jouées par des comédiens mais où la magie est omniprésente, soit parce qu’elle s’intègre aux faits et gestes des personnages soit parce qu’elle permet de créer un univers différent, tantôt féérique tantôt mystérieux. Le rôle de la magie n’est donc pas, comme traditionnellement, d’épater le spectateur mais de donner une dimension supplémentaire au rêve…
Disons-le tout de suite, l’entreprise est osée. Mais nous nous sommes donné les moyens de nos ambitions et de nos rêves. La scénographie «de base» est installée depuis près d’un an dans le Chapiteau Bleu du Cirque Samuel Pauwels qui nous héberge afin de pouvoir envisager une période de création et de répétitions de plus d’un an. Nous disposons de deux plateaux tournant imbriqués, d’un château de 7 mètres de haut sur dix de large, d’une masure grandeur nature, d’une grotte avec des champignons géants, d’un laboratoire, d’une bibliothèque, d’une forêt, … . Le son du spectacle a été réglé par l’un des plus importants spécialistes en Europe et le chapiteau sera éclairé par plus de deux cents sources lumineuses dont plus de vingt projecteurs automatiques.
Mais là aussi, nous sommes conscients qu’il s’agit d’écarter un autre danger qui nous menace : créer un grand spectacle sans âme, noyé dans une débauche technologique et de changements de décor … Or nous voulons créer un grand spectacle intime. Et c’est ce que nous allons faire. La technologie, la musique et la scénographie seront mises au service de l’histoire, avec pour but premier de se faire oublier.
Ce type de spectacle n’a jamais, à notre connaissance, été créé en Belgique. Alors nous avons décidé de nous inspirer des méthodes de travail en vigueur dans le West End de Londres, où par bien des points les musicals en création rencontrent les mêmes enjeux que les nôtres. Après un an de développement et de répétitions, nous allons donc présenter durant ce festival 10 previews de Once upon a dream, puis nous arrêter à nouveau 5 mois pour continuer à travailler…
La création officielle du spectacle, avec sa «première de presse», n’aura lieu qu’en février ou en mars 2010.